Dis-moi, héros de mon coeur, te souviens-tu ? Te souviens-tu des premiers mots que tu m'as prononcé ?
_ Tu vas bien .. ?
C'était ça tes premiers mots à mon égard. Tu te souciais de moi et de mon coeur, à cette époque. Tu t'inquiétais pour moi. J'étais là, assise dans ce couloir, à côté de ma nouvelle chambre, dans ma nouvelle maison, dans ma nouvelle ville où se trouvaient mon nouveau frère et mes nouveaux parents. C'était ma nouvelle vie. C'était la première fois que je te voyais. Tu t'étais approché de moi. Tu t'étais assis à mes côtés. Je te regardais peureusement. Oui, j'avais peur de toi. Mais, mon regard était braqué sur toi. J'étais pétrifiée. Pourtant, tu étais magnifique ce jour-là. Pour seul vêtement, un serviette blanche ornait tes hanches. Tu étais beau. Magnifiquement beau. Je voyais ton visage rayonnant, l'eau qui glissait encore le long de ton corps, tes yeux noisettes exprimant la joie de vivre. Je voyais ton sourire sincère et enfantin. Tu étais déjà tellement sûr de toi mon amour. On ne voyait que toi, où que tu sois. Du moins, moi, je ne voyais que toi. Andy est apparu à ce moment-là. Tel un chevalier venant sauver sa princesse. J'étais sa princesse. C'était lui mon nouveau frère.Je ne le connaissais seulement depuis quelques jours mais, il se comportait avec moi, comme si on avait toujours été ensemble. Pour lui, j'étais sa soeur. La seule.
_ Laisse-la Tom ! Tu lui fais peur !
Tom. C'était donc ça ton prénom ? Tom. Tom. Tom. Tom. Ton prénom résonnait dans mon crâne. Telle une promesse que l'on va tenir. Une promesse que l'on veut croire. Encore. Eternellement. Que tu étais beau Tom, ce jour-là. Tu t'es relevé lentement. J'étais toujours aussi muette. J'avais peur de toi. Peur de ta beauté, Tom.Tu m'as tendu la main. Belle et douce. Comme pour capturer mon coeur. J'ai levé les yeux vers toi, et là, j'ai vu. J'ai vu le doute s'emparer de toi. J'ai vu tes joues rosirent sous l'émotion, la peur peut-être de ne pas être accepté. Je t'ai vu fermé les yeux à plusieurs reprises, respirer plus fort à chaque fois, comme pour te calmer.
Quel âge avais-tu Tom, la première fois que l'on s'est embrassé, la première fois que l'on s'est aimé ?
Au début, ce n'était qu'un jeu. Un jeu puéril et enfantin. C'était notre jeu, Tom.Je te regardais de loin, avec mon frère, le tien et les autres. Je te regardais de loin, t'amuser avec tes amis. Je te regardais aimer ces filles, qui ne connaissaient rien de la vie, qui se laissaient avoir. Elles tombaient dans ton piège, Tom. Toutes sans exception.
J'étais l'exception qui confirmait la règle. La seule qui te résistait.
Tu les apprivoisais. Tu les aimais sûrement un peu aussi. Tu me confiais que tu tombais sans cesse amoureux, mais que ça ne durait jamais plus d'une journée. Tu étais un coeur d'artichaut, Tom. Un coureur de jupons qui aimait la vie plus que tout. Tu voulais t'amuser, vivre ta vie. Elles, elles t'aimaient, Tom.
Moi, je te détestais. Je les jalousais.
Elles avaient la seule chose qui me manquait. L'amour d'un homme. Pas n'importe quel homme, Tom. Elles t'avaient toi. Je me suis prise dans le jeu quand j'ai compris que moi aussi, je pouvais jouer. Tu croyais que jamais, je n'oserai. Tu as eu tord de me sous-estismer, bourreau de mon coeur. J'allais jouer.
La machine était lancée. On ne pouvait plus nous arrêter.
_____
Le bol que j'avais dans la main, s'écrase à terre, m'ébouillantant les jambes. Je ne sens rien. Pas même la douleur. Ni même une brûlure. J'entends juste mon coeur qui crie, qui s'essouffle. Le bol, précipité à terre, n'est plus.
Et mon coeur, dis-moi Tom, mon coeur survivra-t-il à tout ça ?
_ Maman .. Ca va ?Je lève la tête et aperçoit Zohra. Non Zohra, ça ne va pas. Tu vois bien. C'est juste mon coeur qui recommence à souffrir, qui décide de ne plus fonctionner normalement. C'est juste ton oncle qui choisit de mourir. C'est juste ton parrain qui doit nous laisser. Mais ne t'inquiètes pas Zohra, je ne me laisserai pas mourir, moi ! Oh non, j'ai choisit de vivre en te donnant naissance. J'ai choisit de tout recommencer. Grâce à toi. J'ai choisit de rire. Grâce à toi. J'ai choisit de supporter la douleur. Grâce à toi. Et, j'ai choisit de ne jamais oublier.
A cause de toi, Zohra.
_ Oui, juste un coup de fatigue, ne t'inquiètes pas.Non, Zohra, ce n'est rien. Juste un souvenir qui revient à la charge. Ma propre déchéance qui revient en mémoire. Mais, ne t'inquiètes pas, je vais bien. Elle me jette un regard inquiet puis regarde le sol et les débris de mon bol.
Les débris de mon coeur, Zohra. Entends-tu les débris de mon coeur, Zohra ?
***
Les arbres défilent à côté de moi. Le hall est grand. Blanc et grand. Où es-tu grand frère ? Tu sais pourtant que je déteste les hôpitaux. Que je les hais au plus haut point. Allez, viens-là ! Fais-moi un sourire et dis-moi que tout va bien. Que tout ça, ce n'est rien. Ne joue pas à cache-cache. Rejoins-moi, je veux te voir et entendre ton rire. Dis-moi, où es-tu ?
La partie en fait que commencer Syrah. On va jouer. Je vais me cacher, à toi de me débusquer ..
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Hors fictionEt voici le second chapitre. Il aura mis du temps. Excusez-moi. Vraiment. Vous en découvrez plus sur Syrah dans ce chapitre. Plus et moins à la fois. Je doute encore. Je ne suis pas tout à fait satisfaite. Plus contente que pour le premier chapitre mais je doute. Comprendrez-vous mes allusions ? Ressentirez-vous ce que je veux faire passer ? Oui, j'ai peur. Très peur de vous décevoir. Je stresse. Pour celles qui n'auraient pas compris, la première partie est un flash-back. Les italiques seront des flash-back.
J'ai vu que beaucoup d'entre vous n'avez pas compris le hors-fiction précédent et croyait que cela faisait parti de l'histoire .. Non, le hors-fiction précédent était ma vie. j'avais besoin de déverser ma colère et ma haine envers A`* . Excusez-moi de vous avoir embrouillé ..
J`* qui espère secrètement aller rejoindre T`* sur son île ..